Le dessin a été colorié dans le cadre d'un atelier au Centre de soin Chant'Ours à Briançon (05).

Il nous était proposé plusieurs mandalas à colorier, présentés dans un cahier. Les autres mandalas étant des formes géométriques qui ne représentaient rien pour moi, j'ai centré ma recherche sur la symétrie des formes, par goût personnel. Le dessin que j'ai choisi m'étant apparu comme correspondant à cette exigence, je l'ai choisi, sans y voir de forme particulière, même s'il était présenté à l'endroit.

Repérant dès le début des formes qui me semblaient être "interprétables", comme des feuilles et une fusée, j'ai choisi les couleurs en fonction du réalisme correspondant aux formes "réelles" (feuilles vertes, fusée rouge).

L'interprétation que j'ai donné à ce dessin était une fusée prête à décoller, au milieu d'une jungle. Cela représentait l'évolution humaine, de l'état d'animal à celui d'être intelligent, capable de se sortir lui-même de son milieu naturel.

Bien que j'aie de nombreuses fois tourné la feuille dans tous les sens, la concentration sur les détails était tellement importante que je n'ai pas vu le dessin dans sa globalité et que la forme initiale, à savoir un hibou, ne m'est apparu que lorsque l'animatrice a tourné la feuille à l'envers (en se demandant pourquoi j'avais écris les commentaires à l'envers). La forme de hibou m'est alors apparue clairement au dos de la feuille, par l'effet de transparence dû au feutre sur la feuille.

J'ai lutté longtemps contre les structures géométriques qui ne "collaient" pas avec le but que je m'étais fixé pour ce dessin, à savoir la fusée qui décolle, et j'ai vu ça comme le processus de la vie, où l'on a une vision à réaliser, sans cesse remise en cause par les événements qui nous sont extérieurs, me demandant même parfois si le dessin final ressemblerait encore à quelque chose.

Les choses auraient été plus simples, mais beaucoup moins intéressantes, si dès le début, j'avais compris ce qu'on attendait de moi pour ce dessin, à savoir un simple hibou.

Ma vie d'asperger a été semblable à ça, je ne comprenais pas trop ce que j'avais à faire dans ce monde, car je manquais de vision globale, et je me dispersais sans vision claire de ce que j'avais à faire, construisant de-ci de-là, des morceaux de ma vie, qui jusqu'alors ne semblaient pas avoir de sens cohérent entre eux. Je dessinais ma vie au jour le jour, vivant les expériences quotidiennes comme elles se présentaient à moi.